• Ajoutée le 25 juin 2016

    Entretien avec Charles Gave

    Charles Gave, des deux côtés de l'Atlantique, est un célèbre spécialiste du monde de la finance. Il est président d'une société de recherches financières et d'une société de gestion d'actifs.


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  • Source: http://lesmoutonsenrages.fr/2016/05/18/travail-auto-entrepreneuriat-seule-veritable-voie-ayant-un-avenir-en-france/

     18 mai, 2016 11 commentaires

    Avec la loi El Khomri et les méthodes socialistes qui se rapprochent de la Corée du Nord, il faut bien se poser la question de notre avenir au niveau emploi, et quelles sont les voies à explorer. Il y en a bien une, auto-entrepreneuriat, ce que j’explique dans ma première lettre d’information et que je vous livre ici afin de bien vous faire comprendre l’ampleur du problème. Au vu des évolutions, nous aurons cette loi de gré ou de force, et en l’occurrence c’est la force qui est utilisée par ce gouvernement qui se prétend représentant d’une démocratie.

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    Le gros problème, c’est que notre gouvernement ne décide pas de grand chose, tout cela n’est que de la comm’, ils ne décident même de rien comme l’avait expliqué Viviane Reding, et cette loi est bien une demande de Bruxelles, mise en place avant tout par un ex-financier de la banque Rothschild et le valet Manuel Valls.

    Alors voici l’article que j’avais écrit dans ma première lettre d’information et que je vous livre ici de manière exceptionnelle et unique afin de bien vous convaincre de l’ampleur du problème, d’une part, et qu’il y a néanmoins des solutions pour continuer à gagner sa vie:

    Devenir quoi??? Auto-entrepreneur???  Mais quelle est celle idée tordue?

    Devenir auto-entrepreneur, être son propre patron avec les risques que cela comporte!!! Sauf que c’est l’une des meilleures alternatives pour préparer son avenir, tout simplement. Alors peut-être considérez-vous qu’être fonctionnaire est la meilleure des solutions, que travailler dans une entreprise privée permet de vivre à peut près décemment, et que le fait de se diriger vers l’auto-entreprenariat à l’heure actuelle est trop risqué, pas de retraites, pas de chômage, au niveau assurance-maladie ce n’est pas très glorieux, pour les vacances on a vu mieux, etc…

     

    Bref, les nombreux arguments qui peuvent être apportés sont totalement justifiés, auto-entrepreneuriat est risqué et demande du travail, mais je suis là pour vous démontrer que malgré tout, c’est l’une des seules issues pour l’avenir, liens à l’appui. À l’heure actuelle, de gros changements sont en cours, et je vais vous expliquer quels sont ces changements, leurs origines, ce que cela implique, et nous pourrons voir que l’avenir s’oriente réellement vers auto-entrepreneuriat comme solution de travail.

    Bien évidemment, il faut le reconnaître, suivant le domaine exploité, cela sera plus ou moins compliqué, l’on ne devient pas Rothschild simplement en se lançant dans le domaine, encore faut-il trouver le bon filon, mais devenir indépendant risque fort d’être toujours plus positif que ce vous réservent nos décideurs…

     

    autoentrepreneurTous les chemins mènent au TAFTA

    Ce n’est pas la partie la plus joyeuse de cette newsletter, mais elle est indispensable pour bien comprendre les changements en cours. Le TAFTA, plus connu sous le nom de « Traité transatlantique », de « TTIP », de « PTCI », ou encore « d’accords de libre-échange », et c’est la base de tous les débats lorsque l’on souhaite parler de l’avenir du travail. Le TAFTA, est un accord commercial de très grande ampleur signé entre l’Europe et les États-Unis qui donne le pouvoir à la finance et aux multinationales, tout simplement. Cela implique que les multinationales gagnent en pouvoir et vont avoir la possibilité d’imposer certains choix politiques en Europe, et si les pays par exemple refusent de vendre un produit reconnu comme dangereux, les multinationales pourront attaquer le pays devant un tribunal privé, et jamais aucun pays n’a gagné jusqu’à présent.

     

    Cela signifie également que l’ensemble des règles, des lois, des protections, des souverainetés, des normes pouvant entraver le commerce ou les profits sont à proscrire, c’est exactement ce qui est actuellement en train de se dérouler, une libéralisation de l’ensemble de notre système afin qu’il finisse par être similaire au modèle américain. Pour bien comprendre ce qu’il en est, je ne peux que vous conseiller de lire cette page (http://wp.me/p1ETIK-lQ8) qui résume beaucoup de points, intéressez-vous tout particulièrement à la conférence de Raoul-Marc Jénnar qui maîtrise superbement le sujet.

    De ce fait, avec le TAFTA, c’est le profit, et uniquement cela qui prime, quelles qu’en soient les conséquences.  Impensable? Vous doutez que nos politiques puissent faire cela? Pourtant, ils multiplient les lois dans ce sens, en nous noyant sous des prétextes totalement faux, et tout est lié au TAFTA. De plus, si vous n’en entendez que rarement parler, c’est avant tout par ce que ce traité de libre-échange est secret (1), et que personne ne connais réellement son contenu, il est trop dangereux d’informer les masses sur le sujet…

    Voilà la base de posée, un accord qui transcende les règles de l’OMC. Mais le TAFTA est comme cet oeuf en chocolat, vous enlevez le chocolat, et se cache dessous la petite surprise, celle-ci porte le nom « d’accord TISA », et c’est bien là cela devient encore plus intéressant pour nous.

    La cerise sur le gâteau mondialiste: l’accord TISA

    Un nouvel acronyme obscur qui signifie « Trade Service Agreement », dans la langue de Molière « Accord sur le commerce des services en français »(2). L’accord TISA, c’est l’ouverture des marchés à la concurrence, un concept que l’on peut résumer en trois points principaux:

    • 1:  La fin des monopoles
    • 2: La privatisation de tout ce qui est publique
    • 3: L’ouverture du marché aux entreprises étrangères

    Donc, au nom de la liberté de concurrence, tout ce qui est publique doit finir par être privatisé, et cela ne concerne pas que quelques entreprises comme c’est arrivé avec EDF, Areva ou France Télécom, c’est l’ensemble du secteur publique qui doit être privatisé (3), même l’armée est concernée(4), avec le risque de voir nos technologies militaires être revendues à l’étranger comme l’explique Régis Chamagne(5).

    Si cela ne concernait que certaines entreprises, soit, il n’y aurait pas réellement de problème, mais ces privatisations sont extrêmement dangereuses, car ce sont les prisons qui sont ainsi privatisées, et qui dit privatisation dit rentabilité avec l’état (donc nous) qui paye derrière.

    Cela signifie également la privatisation des hôpitaux, ce qui est en cours et aidé avec les emprunts toxiques. La privatisation, cela va également permettre de baisser le nombre de fonctionnaires en France (6), tous dans des institutions privées avec les conditions du privé, c’est cela l’accord TISA.  Cela signifie donc que pour que l’ensemble du secteur public soit privatiser, il faut modifier certaines règles pour cela, ce qui est en cours comme nous allons le voir plus bas.

    De plus, qui dit privatisation dit recherche de profits à la clé, et généralement, lorsqu’une entreprise passe aux mains de financiers, le dégraissage commence par économie, et donc pour le profit. Et dire qu’ils prétendent vouloir lutter contre le chômage…

     

    Nous nous dirigeons donc vers une privatisation totale du système, et la disparition du statut de fonctionnaire, mais si cela s’arrêtait là, à la limite, cela va malheureusement plus loin.  Pour que les changements puissent être possibles, il faut des lois, et depuis quelques mois, certaines sont proposées, parfois totalement imposées, comme nous allons le voir au travers de quelques exemples bien précis.

    Ces lois déloyales qui nous trahissent…

    Nombre de lois sont passées pour mettre en place le traité transatlantique, par exemple la réforme des régions, pour créer des métropoles et des pôles économiques compétitifs, cela s’apparente aux capitales dans les états américains, les régions deviennent des minis états avec une ville principale dans chacun. Mais ce qui nous intéresse, c’est le devenir du travail, et pourquoi auto-entrepreneuriat est l’une des seules voies d’avenir. Alors parlons de ces lois qui vont modifier notre manière de travailler.

    Première loi, et pas des moindres: La loi Macron! Vous le savez sûrement, mais Macron n’est pas un politicien, c’est un financier venu de la banque Rothschild, il est là pour la libéralisation du pays et de l’économie, il agit comme un requin, et baigne parmi les requins via son groupe de réflexion (Think Tank en anglais) « En temps réel »(7).  Et attention, ce Think Tank est une référence au niveau « baignoire à requins », il n’y a que de grosses pointures avec des grands patrons qui gagnant en un mois ce que vous gagnerez en plusieurs années.

     

    les-principaux-points-du-projet-de-loi-macron_917169Macron, c’est celui qui souhaite ouvrir tous les marchés à la concurrence étrangère (donc les États-Unis), et qui considère que le statut de fonctionnaire n’avait plus lieu d’exister « au vu des missions actuelles ».

    De ce fait, sa loi éponyme ne pouvait être que dangereuse.

     

    Plus précisément, la Loi Macron, c’est plus de 200 articles, plus de 1800 amendements qui touchent à tous les domaines(8), même sur l’enfouissement des déchets nucléaires (9) qui va aggraver la situation du pays dans le domaine. Cela touche surtout toutes les professions réglementées dans le pays, dont les professions de notaire et d’huissiers, afin que des sociétés étrangères puissent venir en France se faire un maximum d’argent sachant que ces dernières n’hésitent pas à placer les bénéfices dans des paradis fiscaux, une fuite de capitaux dans toute sa splendeur(9)…

    La loi Macron a été adoptée sans aucun vote, grâce à l’utilisation de l’article 49 alinéa 3 de la constitution de 1958 de la 5eme république, cette constitution qui interdisait le cumul des mandats, combien de nos politiques n’ont pas respecté cette règle au fait? Surtout qu’ils nous interdisent de cumuler deux travail même si financièrement nous en avons besoin…

    S’en suit la loi Touraine qui vise la privatisation du système médical français, ce que le Docteur oncologue-pédiatre Nicole Delépine qualifie d’extrêmement dangereuse(11), une privatisation de la santé dans le pays avec toutes les conséquences que nous pouvons redouter. Et cela inclu la privatisation de l’ensemble des hôpitaux du territoire. Et hop, re-fin du fonctionnariat. D’ailleurs, les hôpitaux multiplient l’utilisation de services privés, comme pour la blanchisserie, la distribution du courrier dans les établissements, les soins de kinésithérapie, etc…

    Enfin, troisième loi qui suit directement la loi Macron, la loi El Khomri qui fait actuellement polémique. La petite surprise, c’est que cette ministre a été parachutée à ce poste, et que nos politiques lui ont refilé une patate chaude avec son nom dessus, la loi El Khomri. Le souci, c’est que non seulement elle ne connaît pas grand chose, mais le véritable nom de cette loi est Loi Macron2, donc pondue par notre ministre financier(12).  Cette loi, c’est une réforme complète du code du travail, cela implique de gros dangers pour les travailleurs français, dont la fin du SMIC et du CDI (13) comme cela avait été demandé explicitement par  Nicolas Sarkozy, les États-Unis dont la Goldman Sachs,  l’OCDE, Pierre Gattaz et le Medef, divers économistes reçus à l’Élysée. Et le tout va être renforcé grâce aux chances pour la France, les migrants qui acceptent de travailler pour beaucoup moins que les français, mais également les travailleurs détachés(14).

     

    ctintersyndicaleBilan final: l’avenir du travailleur ne sent pas très bon…

    Comment douter de l’avenir qui nous est réservé au niveau du travail? Et tout ceci n’est qu’un petit résumé de la situation actuelle, car à cela il faut ajouter nombre de sujets satellites comme le scandale Luxleaks, ou les emprunts toxiques qui gangrènent l’ensemble des collectivités françaises.

    Nous nous dirigeons vers une réforme du code du travail, la disparition du CDI, du SMIC, un assouplissement des règles de licenciement, un plafonnement des indemnités (pour les employés, pas pour les patrons), la disparition de toutes les protections pour les travailleurs, et bien plus.

    Ce n’est pas une loi qui est dangereuse, mais un ensemble de lois qui combinées à un projet colossal, à des enjeux géopolitiques, et à des décisions financières qui n’ont pour but que le profit, quel qu’en soit le prix. Ce qui est en train de se produire en France est également ce qui se produit depuis des années en Grèce, purement et simplement.

    Au final, il sera toujours plus avantageux d’être indépendant que de travailler pour un patron, et cela pourra garantir un salaire un peu plus (voire bien plus) élevé que le travail sous contrat. L’auto-entrepreneuriat offrira plus de possibilités et d’avenir que ce que nous connaissons à l’heure actuelle.

    Bien sûr, comme expliqué plus haut dans l’article, dans auto-entrepreneuriat, tout n’est pas rose, ce n’est pas un monde merveilleux qui vous rendre systématiquement riche, il y a du travail, de la sueur, des obstacles comme le RSI, mais ce sont des domaines que nous aborderons au fil du temps dans les prochaines lettres d’informations.

     

    lasserpe-loi-travail

     

    Annotations de l’article:

    1. Le secret du TAFTA:  https://www.youtube.com/watch?v=0EkA3fFBI5w http://www.monde-diplomatique.fr/2013/11/WALLACH/49803
    2. L’accord TISA:  http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2014/07/09/tisa-les-trois-dangers-du-nouvel-accord-mondial-de-liberalisation_4452743_4355770.html    https://francais.rt.com/international/3870-finie-preference-nationale-desormais-choisissez-americain     http://www.bilan.ch/economie/des-ong-denoncent-le-secret-lie-aux-negociations-sur-le-commerce-des-services
    3. Privatisation du secteur publique:  https://fr.wikipedia.org/wiki/Privatisations_en_France http://www.lemonde.fr/societe/article/2007/11/21/un-mouvement-continu-de-privatisation-de-la-fonction-publique-en-europe_980650_3224.html     http://www.liberation.fr/societe/2012/01/31/prisons-gare-a-la-privatisation-du-service-public-penitentiaire_792402     https://www.youtube.com/watch?v=xA99It3-0kE     http://bernard-gensane.over-blog.com/2015/04/vers-la-privatisation-totale-de-l-hopital-public-2.html     https://www.youtube.com/watch?v=DvspBTbybnA
    4. Privatisation de l’armée: http://lebilan.fr/2015/09/08/defense-linquietante-privatisation-de-larmee-est-amorcee/
    5. Conférence de Régis Chamagne « Où va la défense de la France »: https://www.youtube.com/watch?v=FcVbCoxynRA
    6. La fin du fonctionnariat programmée:  http://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/fonction-publique-six-mesures-choc-pour-degraisser-
    7. Le Think Tank « En temps réel »:  http://wp.me/p1ETIK-mw4
    8. Loi Macron:  http://www.lemonde.fr/economie-francaise/article/2015/01/26/loi-macron-un-texte-qui-bat-plusieurs-records_4563389_1656968.html     http://lesmoutonsenrages.fr/2015/02/18/personne-ne-comprend-en-detail-la-loi-macron-cest-voulu-voila-ce-quelle-represente-exactement-et-la-trahison-que-cela-implique/
    9. L’enfouissement des déchets nucléaires en France: http://lesmoutonsenrages.fr/2014/06/04/france-vous-etes-tous-irradies-mais-cest-pas-grave/     http://www.leparisien.fr/politique/un-amendement-sur-les-dechets-radioactifs-glisse-dans-la-loi-macron-09-07-2015-4931853.php
    10. La fuite des capitaux français:  http://lesmoutonsenrages.fr/2016/03/03/non-ce-nest-pas-une-veritable-crise-mais-un-colossal-systeme-de-detournement-de-capitaux/
    11. Loi Touraine:  http://www.dailymotion.com/video/x2ildvq_nicole-delepine-la-loi-touraine-aneantira-la-medecine-meta-tv-2-4_tv http://www.leparisien.fr/societe/la-fracassante-demission-d-un-haut-cadre-de-la-sante-publique-20-02-2016-5564049.php#xtor=RSS-1481423633     https://france.attac.org/nos-publications/les-possibles/numero-1-automne-2013/dossier-protection-sociale/article/les-differentes-facettes-de-la      http://www.france24.com/fr/20120623-2012-06-23-1014-wb-fr-intelligence-eco
    12. Loi El Khomri/Macron2:  https://blogs.mediapart.fr/gerardfiloche/blog/220216/analyse-detaillee-du-projet-de-loi-el-khomri-macron-2     http://lesmoutonsenrages.fr/2016/03/18/lutter-contre-la-reforme-du-travail-cest-bruxelles-qui-decide/      http://www.bastamag.net/Apres-les-lois-Macron-et-Rebsamen-comment-le-gouvernement-prepare-deja-une      http://lesmoutonsenrages.fr/2015/09/08/migrant-en-allemagne-une-arrivee-de-travailleurs-a-bas-prix/
    13. La fin du SMIC:  http://www.publicsenat.fr/lcp/politique/woerth-revoir-question-smic-tout-preferable-non-travail-1034395      http://www.marianne.net/Il-faut-baisser-le-SMIC-de-300-euros-_a224940.html?com#comments      http://www.20minutes.fr/economie/1607847-20150513-salaires-retraites-chomage-impots-bruxelles-demande-france      http://www.lepoint.fr/economie/l-ocde-reclame-un-assouplissement-du-marche-du-travail-02-04-2015-1918251_28.php#xtor=RSS-221      http://www.lesechos.fr/14/09/2014/lesechos.fr/0203774374622_les-propositions-chocs-du-medef-de-pierre-gattaz-pour-creer-1-million-d-emplois.htm      http://lelab.europe1.fr/Francois-Hollande-recoit-a-dejeuner-trois-economistes-qui-plaident-pour-la-fin-du-SMIC-14021      http://lesmoutonsenrages.fr/2015/09/08/migrant-en-allemagne-une-arrivee-de-travailleurs-a-bas-prix/
    14. Migrants et travailleurs détachés: http://lesmoutonsenrages.fr/2015/09/08/migrant-en-allemagne-une-arrivee-de-travailleurs-a-bas-prix/      https://www.youtube.com/watch?v=_VsumzgKu7E      http://www.francetvinfo.fr/replay-magazine/france-2/cash-investigation/video-cash-investigation-travailleurs-low-cost-elise-lucet-met-le-casque-de-chantier_1364867.html

    Pour ce qui est du meilleur statut, j’en propose un qui est relativement intéressant dans ma seconde lettre d’information, mais quoi qu’il en soit, nous avons réellement du souci à nous faire quant à l’avenir…


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  • Source: http://lesmoutonsenrages.fr/2016/04/19/la-guerre-contre-lepargne-panama-papers-bail-in-et-abolition-du-cash/#more-94191

    Dénoncer l’évasion fiscale est louable, mais l’objectif des Panama Papers a peut-être un but moins panama-1308874_960_720noble, sur fond de guerre contre le cash et de menaces de bail-in massifs via la ponction des fonds des déposants.

    La publication des « Panama Papers », qui ont fuité d’un cabinet d’avocats spécialisé dans les sociétés écrans, a eu l’effet d’une bombe et a déclenché à la fois l’indignation et le scepticisme. Dans un article du 3 avril intitulé “Corporate Media Gatekeepers Protect Western 1% From Panama Leak”(Les grands médias protègent le 1% d’occidentaux du scandale Panama Papers), le blogueur britannique Craig Murray écrit que le dénonciateur avait sans doute de bonnes intentions, mais qu’il avait commis l’erreur de transmettre les 11,5 millions de documents aux grands médias, contrôlés par les grands groupes, qui n’ont publié que les quelques documents incriminant des opposants aux intérêts financiers occidentaux. Murray écrit :

    « Il ne faut pas s’attendre à une dénonciation manifeste du capitalisme occidental. Les sombres secrets des sociétés occidentales ne seront pas publiés. Il faut s’attendre à des attaques contre la Russie, l’Iran et la Syrie, ainsi qu’à un petit “équilibrage” avec un pays occidental comme l’Islande. »

    L’Islande, bien sûr, fut le seul pays à refuser de sauver ses banques et à envoyer ses banquiers en prison.

    Selon Pepe Escoba, les Panama Papers ont une « portée limitée ». La fuite concorde avec la tentative deTransparency International de créer un registre mondial public des avoirs (Global Public Beneficial Ownership Registry) qui permettrait de collecter des informations sur les actifs des gouvernements mondiaux, et avec le sommet mondial anti-corruption qui doit se tenir sous la gouverne du Premier ministre britannique David Cameron, le mois prochain. Selon The Economist, « les Panama Papers lui offrent la plateforme dont il a besoin pour persuader les autres gouvernements, et le sien, de passer de la parole aux actes. »

     

    Le Daily Bell, quant à lui, soupçonne un effort coordonné, lié à la volonté d’abolir le cash. Il s’agit de savoir où se trouve l’argent, qui le possède, de façon à pouvoir le taxer, le réguler, le « sanctionner », ou le confisquer :

    « Sans confidentialité, l’autoritarisme prospère, parce qu’il est impossible de construire et faire grandir des réseaux privés qui auraient un effet dissuasif… Un régime de transparence mondial garantit virtuellement des abus et de la corruption par ceux qui détiennent le pouvoir.

    Ceci est une des raisons pour lesquelles l’idée d’une société sans cash est si mauvaise. Quand plus personne ne pourra utiliser du cash, les historiques financiers seront facilement accessibles via les registres électroniques des transactions. »

    Michael Snyder, d’InvestmentWatchBlog.com, lie aussi les Panama Papers avec la volonté d’abolir le cash :

    « … avec la révélation des Panama Papers et tout ce préconditionnement contre les paradis fiscaux, les gens ne réalisent pas encore que très bientôt, alors que les taux d’intérêt négatifs et les bail-in sont ouvertement discutés et prêts à être mis en place, tout ce battage médiatique au sujet des paradis fiscaux, de l’évasion fiscale, des milliardaires corrompus et des sociétés écrans à l’autre bout du monde sera balayé par quelque chose qui nous touche de bien plus près…

    Je crois fermement que tout cela fait partie d’une guerre pour le contrôle des capitaux, qui est directement liée à une transition prochaine vers une devise numérique biométrique, à la mise en place des taux d’intérêt négatifs, aux bail-in à grande échelle, et à la diabolisation et éventuelle criminalisation d’actifs physiques qui sont hors de la taxation directe (qui se ferait, encore une fois, en se servant du préconditionnement contre les “paradis fiscaux”, avec les métaux précieux physiques et le cash comme principales cibles).  »

    Guerre à la corruption ou guerre aux épargnants

    Ce qu’il semble se produire est que les 1% s’attaque aux 10% de gens qui, selon la chercheuse allemande Margrit Kennedy, n’ont pas besoin d’emprunter mais qui sont des épargnants « net ». Aujourd’hui, les 90% restants ont emprunté tout ce qu’ils pouvaient. Soit ils ne désirent pas emprunter plus, soit les banques ne veulent pas leur prêter, puisqu’ils présentent des risques élevés d’insolvabilité. Qui reste, alors, pour alimenter la machine qui nourrit les 1% et, plus spécifiquement, les 0,001% ? Cette puissante élite semble tout vouloir s’accaparer, et cela veut dire s’attaquer à ceux juste au-dessous d’elle dans la chaîne alimentaire financière. Le défi consiste à aller chercher de l’argent chez ceux qui n’ont pas besoin d’emprunter. Comment confisquer légalement leurs épargnes ?

    Réponse : les bail-in, intérêts négatifs, devises numériques et l’élimination des « paradis fiscaux ».

    Les bail-in permettent aux plus grandes banques de jouer en toute impunité avec l’argent de leurs déposants. Si les banques font de mauvais paris et deviennent insolvables, elles peuvent légalement confisquer les dépôts pour équilibrer leurs bilans, en utilisant une « résolution ordonnée » du type mandaté par la loi Dodd-Frank. (Lire nos articles sur la directive BRRD)

    Les taux d’intérêt négatifs constituent des frais ou une taxe privée sur la détention de fonds à la banque.

    L’élimination du cash prévient les éventuels bank run qui seraient déclenchés par cette attaque à l’épargne. De la monnaie qui n’existe que numériquement ne peut être retirée et cachée sous un matelas.

    La dénonciation des paradis fiscaux montre aux prédateurs où se trouve l’argent et qui le possède, facilitant ainsi sa confiscation, tout en empêchant le financement de rébellions massives contre la confiscation.

    Orchestré à Davos

    Cela pourrait aider à expliquer les développements coordonnés auxquels nous avons assisté dans ce monde contrôlé par les banques centrales, particulièrement après le sommet de janvier du Forum économique mondial de Davos, en Suisse, où l’élite mondiale se donne rendez-vous pour discuter des enjeux économiques importants du moment.

    Selon un participant de Morgan Stanley, un sujet notable à l’ordre du jour était le besoin d’une « introduction rapide d’une société sans cash, afin de pouvoir introduire des taux d’intérêt sur les dépôts encore plus négatifs en Europe, pour contrebalancer une stagnation peut-être séculaire. » Si la Banque centrale européenne parvenait à réduire l’usage du cash physique, selon JP Morgan, elle pourrait alors faire baisser les taux à -4,5%.

    « Stagnation séculaire », la justification officielle pour les taux négatifs, signifie une baisse chronique de la demande, puisqu’il n’y a pas assez d’argent disponible pour les biens et services. Aujourd’hui, presque toute la monnaie est créée par les banques lorsqu’elles consentent des prêts; et, lorsque de vieux prêts sont remboursés, de nouveaux prêts doivent être consentis pour maintenir la quantité de monnaie en circulation. Traditionnellement, les banques centrales ont baissé les taux d’intérêt pour stimuler ces emprunts continus, mais ces taux d’intérêt ont effectivement étaient poussés à zéro. L’argument est qu’ils peuvent être poussés sous zéro… mais seulement si les retraits de cash, donc les bank run, ne sont pas une option.

    Voilà l’argument, mais comme l’observe Paul Craig Roberts, ancien secrétaire adjoint au Trésor américain pour les politiques économiques :

    « On essaie de faire croire que la mauvaise performance de l’économie n’est pas due à l’échec des politiques économiques, mais plutôt à ceux qui accumulent leur argent. La Réserve fédérale et sa coterie d’économistes et de presse-tituées (“presstitutes” : jeu de mot avec ‘press’ et ‘prostitutes’) maintiennent cette fiction, que les gens épargnent trop, malgré la publication d’un rapport de la Réserve fédérale démontrant que 52% des Américains ne peuvent obtenir 400 $ sans vendre des objets personnels ou emprunter. »

    Dans un article intitulé “Exposing the Hidden Agenda of Davos 2016” (Dénonciation de l’agenda caché de Davos 2016), ZeroHedge rapporte toute une série d’activités durant et après Davos en relation avec la volonté de bannir le cash. Mais stimuler la demande pourrait n’être qu’une couverture pour cacher quelque chose de plus sinistre.

    Sauver l’économie ou les banques

    Ce qui était plus préoccupant à Davos que la « stagnation séculaire » était l’insolvabilité imminente de quelques grandes banques. Ambrose Evans-Pritchard, écrivant en janvier depuis Davos, avait cité William White, ancien économiste en chef de la Banque des règlements internationaux, qui sonnait l’alarme :

    « La situation est pire qu’elle ne l’était en 2007. Notre arsenal macroéconomique pour s’attaquer aux faiblesses du système est essentiellement réduit à  néant.

    Les banques européennes, qui ont déjà admis qu’elles avaient 1000 milliards de dollars de créances en souffrance dans leurs bilans, seront particulièrement vulnérables, et devront accepter des abandons de créance importants. Elles sont beaucoup exposées aux marchés émergents, et n’ont probablement pas révélé l’ampleur réelle de leurs créances à risque.

    Le système bancaire européen devra sans doute être recapitalisé à une échelle inimaginable, et les nouvelles règles de bail-in signifient que tout déposant possédant plus que les 100 000 euros garantis aura à en payer le prix. »

    Il semble bien que la guerre au cash est menée, non pas pour stimuler l’économie, mais bien pour sauver à tout prix les banques et leurs manigances lucratives. Étouffer les émeutes qu’engendreraient la confiscation massive des dépôts pourrait aussi donner un nouveau souffle à l’idée d’un « État sécuritaire » mondial et à ces mesures « anti-corruption », conçues pour déterminer où se trouve l’argent et qui le possède.

    Post-scriptum : Les bail-in, sous la nouvelle directive européenne (2016 European Recovery and Resolution Directive), ont officiellement débuté aujourd’hui, le 10 avril, en Autriche. Rappel sinistre :c’était en Autriche qu’une faillite majeure d’une banque déclencha la Grande dépression en 1931.


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  • Ajoutée le 7 nov. 2015


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  • Ajoutée le 22 nov. 2015

    Charles Gave est un économiste et entrepreneur français - Il est chevalier de l'ordre national du Mérite
    Diplômé de gestion et d'économie de l'université de Toulouse et de Sciences Po Toulouse, il obtient une bourse de l’université de Binghamton dont il sort avec un MBA de finance et gestion. Il y rencontre Milton Friedman avec qui il entretiendra une longue correspondance. Le Prix Nobel a d'ailleurs préfacé son premier livre en français, Des lions menés par des ânes, 2003


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